Tuesday, March 26, 2013

Comment vaincre la peur de parler en public



Si la crainte de s'exprimer face aux autres est courante, elle peut être contrôlée par l'entraînement et une série d'exercices.

La parole est liée au verbe, c'est-à-dire au sacré. Le son, comme la parole s’élèvent de  notre intimité ; de notre « moi profond ». Parler en public  est une  épreuve car notre intimité est dévoilée. C’est un acte impudique, et les acteurs, dont c’est le métier, ont un caractère impudique, voir exhibitionniste.  Mais, si l’acteur ne recouvrait pas sa voix, de mots d’auteur, il serait souvent maladroit. Nous en découvrons la preuve lors de quelques interviews, où leurs lacunes apparaissent, dans  cette épreuve. La voix témoigne ou trahit nos émotions les plus secrètes. Celle de la peur qui l’étouffe, de la colère qui la transcende, de l’amour qui l’adoucit. Par cette observation, on peut admettre qu’il n’est pas aisé de s’exprimer en public. Même  en évoquant des sujets froids et professionnels, c’est toujours notre voix, notre énergie vitale qui doit s’exprimer devant les autres.

Pour couronner le tout, notre corps en public, se sent observé, épié. Il est la cible de dizaine ou centaine de regards convergents vers nous, et pas toujours bienveillants (du moins se l'imagine -t-on). L'effet miroir de ces regards nous renvoie un corps lourd, maladroit et emprunté qui augmente notre gêne et trahit notre comportement. La nudité de notre corps, mains et visages veulent s'effacer (encore la pudeur). Les mains cherchent les poches, avec fébrilité (les hommes surtout) et le visage fixe ostensiblement le sol, comme l'autruche qui s'imagine, ainsi, qu'elle n'est point  vue.  La peur de parler en public fait écho à un comportement impudique. C'est toute notre relation au corps qui est mise en question. Il n'y a que lors desmoments festifs, l'alcool aidant, que l'on se lance dans la mêlée